"Je dois protéger le championnat contre lui-même"

« Je dois protéger le championnat contre lui-même »

WTCR



"Je dois protéger le championnat contre lui-même"

(RacingNews.fr) – Sur le papier, la Coupe du monde des voitures de tourisme (WTCR) est un championnat réservé aux équipes privées. Mais dans la pratique, les constructeurs utilisent la scène mondiale de la série comme une vitrine pour leurs modèles TCR qu’ils veulent vendre dans les séries régionales et nationales.

Des constructeurs comme Lynk & Co ou Hyundai font de gros efforts au WTCR
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Après le succès du WTCR lors de sa première saison, des constructeurs comme Audi, Hyundai ou Volkswagen ont encore sensiblement augmenté leurs efforts en 2019. Les nouveaux venus, Lynk & Co, déploient eux aussi d’énormes efforts.

Si d’un côté c’est une récompense pour les créateurs de séries d’Eurosport Events, leur patron François Ribeiro voit aussi les dangers de l’influence croissante des constructeurs. « En 2018, le niveau de la compétition était déjà très élevé, mais cette année, nous avons fait un pas en avant et franchi une nouvelle étape », explique le Français.

Une influence encore plus grande des constructeurs serait malsaine

« C’est pourquoi je dois maintenant passer à un autre mode et protéger le championnat contre lui-même », poursuit Ribeiro. « Nous avons atteint une limite que nous ne devrions pas dépasser. Les choses devraient rester en l’état. Si nous devions aller au-delà en 2020, je m’inquiéterais ».

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Ribeiro sait par expérience à quelle vitesse un seul constructeur peut faire s’effondrer tout le concept d’une série. En effet, la série précédente, le WTCC, avait périclité non seulement à cause des coûts trop élevés des voitures TC1 pour les particuliers, mais surtout à cause de la domination de Citroën.

Honda, Lada ou les nouveaux venus potentiels (à l’exception de Volvo) ne pouvaient pas suivre les efforts des Français et lorsque ces derniers se sont retirés après trois ans, le château de cartes du championnat du monde des voitures de tourisme s’est effondré.

Mesures de contrôle des coûts engagées

La volonté de Ribeiro est d’éviter que cela ne se reproduise. « Nous avons un championnat très fort dans lequel les équipes privées sont directement soutenues par les constructeurs, que ce soit avec des pilotes d’usine, un soutien technique ou financier. Mais nous ne voulons pas d’équipes d’usine directes ».

Sachant que cette séparation est déjà difficilement perceptible chez Lynk & Co et leur équipe d’intervention Cyan Racing, qui avait assuré les interventions d’usine de Volvo en 2016 et 2017.

En collaboration avec la Fédération internationale de l’automobile (FIA), qui adopte le règlement, le WTCR a toutefois déjà pris des contre-mesures cette saison et adopté des mesures de réduction des coûts. Ainsi, les essais sur les circuits du calendrier ne sont pas autorisés avant le week-end de course concerné. Le nombre de personnes autorisées à travailler sur les voitures lors des courses est limité à dix par équipe.

« Le problème avec le contrôle des coûts, ce sont toujours les équipes qui cherchent le succès à court terme. Elles mettent en péril le championnat à long terme », explique Frédéric Bertrand, directeur des circuits de la FIA, à ‘RacingNews.fr’. « Nous cherchons donc une voie qui soit durable pour les équipes. Surtout d’un point de vue commercial, car cela est crucial dans le sport client ».

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